Relevés et suivi des colonisations
Relevés détaillés, cartographie des territoires actifs, circulation des données entre services cantonaux, bureaux d'études et partenaires scientifiques.
Photo · Romain Savary
BeaverWatch est une association d'intérêt public à but non lucratif dédiée au suivi du castor en Suisse — aujourd'hui principalement active en Romandie. Spécialistes de l'espèce sur le terrain, nous suivons les populations et accompagnons le canton de Vaud, les communes, les bureaux, les privés et les riverains.
Un souci avec un castor ? Trouvez le responsable de votre secteur
Maurice Blanchet et Robert Hainard réintroduisaient les premiers castors en Suisse. Sans l'obstination de nombreux passionnés, il ne serait pas possible d'observer à nouveau le castor sur nos cours d'eau.
BeaverWatch poursuit ce travail depuis plus de quinze ans : suivi quotidien des populations, relevés de terrain, mandat de conservation pour le canton de Vaud depuis 2010.
BeaverWatch est une association d'intérêt public à but non lucratif. Nous proposons une structure pour répondre aux questions et intervenir en tant que spécialistes du castor — pour les services cantonaux, les communes, les bureaux et les privés. Nous intervenons aujourd'hui dans cinq cantons romands : Vaud, Fribourg, Neuchâtel, Genève et le Valais.
Relevés détaillés, cartographie des territoires actifs, circulation des données entre services cantonaux, bureaux d'études et partenaires scientifiques.
Conseils aux communes, aux agriculteurs et aux riverains. Aménagement des berges, protection des arbres remarquables, cohabitation avec l'activité du castor.
Une équipe formée, mandatée par le canton de Vaud, qui intervient sur site pour documenter les indices de présence et accompagner les situations sensibles.
Barrages, huttes et zones humides : une sélection des sites les plus remarquables façonnés par le castor, choisis et documentés par nos équipes au fil des relevés de terrain.
À Sugnens, le site du Sauterru s'est transformé en un véritable sanctuaire sauvage façonné par le génie du castor.
Un paysage façonné par le castor. Par la construction et l’entretien successifs de ses barrages, le castor a progressivement modifié le fonctionnement du cours d’eau. Les niveaux d’eau se sont élevés, certaines surfaces ont été inondées et de nouvelles zones humides se sont développées au sein du secteur boisé.
Le Sauterru constitue aujourd’hui probablement l’un des plus beaux sites à castors que nous ayons la chance d’observer dans le canton de Vaud. Il représente un véritable cas d’école pour comprendre la manière dont cette espèce façonne son propre habitat.
Barrage après barrage, le castor modifie les niveaux d’eau, étend les surfaces inondées et transforme progressivement le paysage en fonction de ses besoins. Le résultat est particulièrement spectaculaire sur ce site, où son influence est aujourd’hui visible à l’échelle de tout un secteur.
Trouver un équilibre. Cette évolution ne se fait toutefois pas sans difficultés. La présence importante du castor et les modifications des niveaux d’eau peuvent notamment entrer en conflit avec les activités agricoles situées à proximité. Malgré les tensions rencontrées, un équilibre de gestion a jusqu’ici pu être trouvé, permettant de concilier autant que possible la présence du castor avec les enjeux agricoles du secteur.
BeaverWatch assure un suivi régulier du site et accompagne cette gestion dans l’attente d’un projet de renaturation actuellement en cours, qui devrait permettre à terme d’améliorer encore la cohabitation entre le fonctionnement naturel du Sauterru, le castor et les activités humaines. Le Sauterru montre ainsi, de façon particulièrement spectaculaire, jusqu’où un castor peut transformer un paysage lorsque les conditions lui permettent d’exprimer pleinement son comportement naturel.
À Goumoens-la-Ville, les castors ont ennoyé une prairie riveraine du Buron et recréé en quelques mois une zone humide comme il en existe de moins en moins dans nos campagnes.
Signalé pour la première fois en octobre 2025, ce tronçon du Buron sur la commune de Goumoens-la-Ville a été profondément remodelé par les castors. En retenant l'eau, ils ont ennoyé une prairie riveraine et recréé, en quelques mois, une zone humide comme il en existe de moins en moins dans nos campagnes.
Le résultat ne s'est pas fait attendre. Dès le printemps 2026, le photographe Patrice Cudelle y observait plusieurs bécassines des marais et, en « guest star », un combattant varié — deux limicoles aujourd'hui peu fréquents dans nos régions. Comme il le relève, « une inondation campagnarde attire de nombreux oiseaux » : ce que le castor offre spontanément, l'aménagement ne sait recréer qu'à grands frais.
Le site n'est pas sans poser question : des parcelles agricoles sont noyées et l'accès au stand de tir est temporairement impossible. Des difficultés réelles, que nous ne minimisons pas. Mais la valeur écologique de ce marais spontané est telle qu'il mérite d'être préservé et valorisé — en cherchant, avec toutes les parties concernées, des solutions de cohabitation.
À Froideville, les barrages successifs ont transformé le ruisseau des Baccalins, modeste affluent de la Mentue, en une véritable zone humide forestière.
Le ruisseau des Baccalins, métamorphosé par le castor en une superbe zone humide.
Le ruisseau des Baccalins — un petit affluent de la Mentue — a connu une transformation spectaculaire. En 2024, ce n'était encore qu'un modeste cours d'eau, large de trois mètres à peine. Aujourd'hui, le site n'a plus rien à voir : les barrages successifs ont donné naissance à une véritable zone humide forestière.
Ce nouveau milieu offre refuge à une multitude d'espèces. Bois mort sur pied, eaux calmes, vasières et embâcles composent une mosaïque d'habitats rare dans nos forêts — de celles que la nature met des décennies à reconstituer et que le castor façonne, lui, en quelques saisons.
L'évolution du site ouvre de belles perspectives. Un projet de remise à ciel ouvert du ruisseau sur sa partie amont est sur le point de voir le jour, tandis qu'une mise en réserve forestière, assortie d'une protection du castor, est à l'étude — autant de démarches que nous suivons de près et qui, sans le castor, n'auraient sans doute jamais vu le jour.
Exclusivement végétarien et actif surtout à la tombée de la nuit, le castor est intimement lié aux cours d'eau. Plus grand rongeur d'Europe, il peuplait autrefois largement la Suisse avant de disparaître totalement du territoire au début du XIXe siècle, victime de la chasse intensive pour sa viande et son castoréum.
Réintroduit dès 1956, il recolonise aujourd'hui discrètement les rivières, les affluents et zones humides du pays — transformant les paysages et favorisant le retour d'une biodiversité exceptionnelle.
Photo · Christof Angst
Le castor réinvente les cours d'eau. Ses barrages régulent le niveau de l'eau, enrichissent les sols, créent des zones humides et profitent à des dizaines d'espèces. Notre rôle : rendre visible cette ingénierie naturelle, en documenter les effets, les analyser sur le terrain et les traduire en données claires, utiles et directement mobilisables pour les décisions de demain.
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